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Abbé Tauleigne

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Mark Hippenstiel
Mark Hippenstiel
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24.Apr.18 18:59

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Un enfant prodige

Auguste-Jean-Baptiste Tauleigne est né le 7 avril 1870 à Saint-Cirgues-en-Montagne, dans une famille nombreuse d'agriculteurs.

Enfant, le jeune Auguste fréquente l'école privée du village. Remarqué par le vicaire de Saint-Cirgues, il poursuit sa scolarité au petit séminaire d'Aubenas où il affiche des dispositions certaines pour les sciences physiques.

On rapporte par exemple qu'à l'âge de 13 ans, il construisit un appareil photographique avec une caisse et les bésicles de sa grand-mère... A 14 ans, il réussit à démontrer les principes de l'électrochimie avec du matériel de récupération...

En 1889, l'adolescent part au grand séminaire de Viviers qu'il devra abandonner au décès de son père en 1890. En novembre 1891 il est appelé au service militaire et réformé pour raison de santé.

En 1893, il travaille comme précepteur dans la famille d'un directeur de la fonderie de Saint-Chamond où il est vivement impressionné par les grandes constructions mécaniques. Il est ensuite répétiteur dans une institution de Saint-Chamond, puis surveillant dans un collège de Nîmes en 1894.

Son originalité et sa curiosité d'esprit ne lui attirent pas que des sympathies, aussi il ne retourne pas à Viviers. Avec l'appui du cardinal Bourret, originaire de Coucouron, il est admis en 1896 au Grand Séminaire de Sens, dans l'Yonne, pour y terminer ses études.

Ordonné prêtre le 18 décembre 1899, il sera tour à tour professeur de sciences et curé de campagne.

Un bricoleur de génie

À Pontigny-sur-Yonne où désormais il réside, il poursuit ses recherches et expérimentations. Le curé prolixe réalise avec un outillage sommaire une lanterne de projection à foyer unique, mais produisant deux images, et un appareil pour la représentation des corps opaques.

L'abbé Tauleigne enseigna d'abord les sciences au Petit Séminaire de Joigny, où il peut bénéficier d'un petit laboratoire. En 1903, à la fermeture du Petit Séminaire de Joigny, il devient curé de Pontigny dans l'Yonne, il y restera jusqu'à sa mort.

Le physicien et l'expérimentateur

Ayant toujours montré des dispositions pour les sciences et l'expérimentation, avec des moyens de fortune il parvient à mettre au point ses propres inventions dans le domaine de la télégraphie sans fil, de l'optique (appareil de projection), de l'acoustique (hauts-parleurs et phonographe), de la photographie trichrome et de la radiographie, notamment.

"Il n'a pas de laboratoire, il expérimente partout, dans sa cuisine, dans son bureau, dans son jardin, voire dans la nef immense de son église."

À l'origine de la radiographie

C'est pendant la guerre de 1914/1918, alors qu'il servait comme infirmier dans un hôpital militaire de Menton, qu'il travaille sur la radiographie par rayons X. Il inventa d'abord un dispositif antidiffusant, permettant d'arrêter les rayons X parasites qui affectent la bonne qualité des clichés radiographiques. Ensuite il met au point le "radiostéréomètre": il s'agissait de localiser le plus exactement possible les projectiles (balles ou éclats métalliques) des corps des blessés pour en faciliter l'extraction opératoire. L'abbé Tauleigne n'hésita pas à avaler des plombs de chasse et à s'exposer aux rayons X pour l'expérimentation de cette invention.

Il a inventé le radiotélégramme (récepteur de télégraphie sans fil) : en 1913 il parvient à transcrire sur une bande de papier les signaux Morse émis de la tour Eiffel, à 150 km de distance. Ne croyant pas, à priori, à sa découverte, les spécialistes de l'époque, notamment Ducretet, durent se rendre à l'évidence et dorénavant les "relais Tauleigne" furent fabriqués à grand échelle.

Autres expériences

Il a inventé un appareil, sans lampes ni accumulateurs, avec lequel il parvient à écouter un radio-concert.

Il a inventé un procédé de soudure : un fer à souder chauffé au feu de bois de la chambre de l'abbé Tauleigne sert à lier un fil de cuivre au morceau de zinc arraché à la toiture du presbytère.

Il a inventé un système de piles électrique : c'est dans un verre que le savant réalisa sa première pile électrique. Une des électrodes a été ficelée dans une serviette de table. Désireux d'être utile aux amateurs sans filistes, l'abbé Tauleigne a inventé deux piles électrique; elle remplacent avantageusement les accumulateurs pour l'alimentation des lampes de T.S.F.

Il met au point avec l'abbé Bachelin un nouveau procédé de photographie en couleurs (trichromie), récompensé en 1909 par la médaille d'or de l'exposition d'Auxerre et les félicitations du Ministre des Beaux-Arts. L'appareil sera fabriqué la même année par la maison Mazo de Paris et permettra l'industrialisation de la photographie en couleurs.

Il a inventé une lanterne de projection.

Il invente un générateur d'acétylène automatique sans cloche flottante et un phonographe à deux aiguilles, lisant simultanément deux points proches sur le même sillon du disque, pour offrir un renforcement de la puissance d’audition.

Il fabrique un poste à galène sélectionnant efficacement les fréquences.

Il a inventé une machine à repérer les sous-marins en 1915. Sur ordre du ministre de la Guerre, ce dispositif équipa tous les navires français dès 1916.

La récompense

En octobre 1923, le Comité de la Fondation Carnegie de Chicago, attribue la médaille d'argent en tant que "Bienfaiteur de l'Humanité", et son prix de 5.000 francs à l'abbé Tauleigne, pour ses travaux dans le domaine de la radiographie. Mais à l'époque l'abbé Tauleigne était un inconnu des journalistes et du grand public. Les américains faisaient découvrir au monde un modeste et génial chercheur français qui avait consacré sa vie à la science, enrichissant la physique et la chimie d'inestimables inventions en optique, électricité, acoustique, électrochimie, photographie, T.S.F. et radiographie. L'Abbé Enjolras a dit de lui : "qu'à côté d'une instruction scientifique très étendue, il possédait un don d'intuition remarquable et une adresse manuelle extraordinaire, grâce à laquelle il a pu réaliser lui-même toutes ses inventions en se servant d'un outillage très réduit, celui que peut posséder un amateur peu fortuné".

L'abbé Tauleigne est mort le 5 juin 1926 à Pontigny dans l'Yonne, où il est inhumé au pied de la grande croix du cimetière de Pontigny, son "regard" tourné vers l'Ardèche, après avoir supporté, pendant les dix dernières années de sa vie, les conséquences de l'exposition aux rayons X qui provoqua une radiodermite des mains, une paralysie d'un bras et une atteinte de tout son corps, qui devait lui être fatale.

Une plaque de marbre sur l'ancien presbytère de Pontigny rappelle l'œuvre de ce grand homme.

Article du Jean-Yves Gourdol (décédé Oct 2014), tiré du site medarus.org.
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Article paru dans "Le Figaro", Mercredi 26 Mars 1924.

  
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